Combien de styles musicaux existent dans le monde ? Derrière cette question en apparence simple se cache un véritable labyrinthe de classifications, de traditions locales, de métissages et de catégories industrielles. Entre répertoires savants, musiques populaires, genres « inclassables » et scènes ultra-locales, le chiffre brut ne raconte qu’une partie de l’histoire.
Les bases de données mondiales évoquent environ 700 genres musicaux, mais les musicologues, les plateformes de streaming et les communautés d’artistes manipulent des grilles bien plus riches et mouvantes. Pour y voir clair, il faut regarder à la fois les grandes familles, les nuances régionales, les statistiques de diffusion… et ce qui échappe encore aux tableaux officiels.
| Catégorie de Style | Exemples de Genres | Caractéristiques Principales | Popularité |
|---|---|---|---|
| Musique Classique | Baroque, Romantique, Symphonique | Instrumentale, complexe, souvent sans paroles | Élevée pour l’étude, moyenne pour les jeunes |
| Musique Urbaine | Rap, Hip-hop, RnB | Rythmes marqués, textes engagés ou festifs | Très populaire chez les jeunes |
| Musique Électronique | Techno, House, Trance, EDM | Basses profondes, créée avec ordinateurs | Forte présence en clubs et festivals |
| Musique Rock | Classic Rock, Punk, Metal | Guitares électriques, énergie brute | Historique forte, stable aujourd’hui |
| Musique du Monde | Reggae, Afrobeat, Flamenco | Traditions locales, rythmes typiques | Croissance liée à la globalisation |
| Musique Pop | Pop-rock, Dance Pop, K-pop | Accrocheur, mélodies répétitives | Ultra populaire à l’échelle mondiale |
Repartition des 1000+ styles musicaux recenses
La categorie Autres genres regroupe : Reggae, World Music, Ambient, Experimental, etc.
Combien de styles musicaux existent réellement dans le monde ?
Les estimations sérieuses évoquent aujourd’hui environ 700 genres musicaux au niveau mondial. Ce chiffre provient de croisements entre plusieurs encyclopédies musicales, travaux de musicologie et bases de données de labels ou de plateformes.
Cette estimation reste toutefois indicative. Aucune liste officielle unique ne recense la totalité des styles musicaux existants. Chaque base de données, chaque institution culturelle et chaque pays utilise ses propres critères : certains regroupent des courants sous une même bannière, d’autres subdivisent finement les sous-genres.
« Parler d’un nombre fixe de styles musicaux revient à vouloir figer un organisme vivant. La musique évolue, se mélange, se réinvente sans cesse. »
En pratique, le nombre de styles varie selon :
- le niveau de détail choisi (macro-genres vs micro-sous-genres) ;
- la zone géographique étudiée (mondiale, continentale, nationale, locale) ;
- la méthode de classement (musicologique, industrielle, statistique, ethnologique) ;
- la période historique considérée (genres disparus ou en sommeil compris ou non).
Les grandes familles de styles musicaux : une classification en 10 classes
Pour répondre sérieusement à la question « Combien de styles musicaux existent ? », il faut d’abord comprendre comment on les regroupe. Une classification largement utilisée dans les médiathèques, les bibliothèques musicales ou les organismes de gestion des droits organise la musique en 10 grandes classes.
| Classe | Intitulé | Exemples de genres | Usage principal |
|---|---|---|---|
| 0 | Généralités, sciences et techniques musicales | Théorie, solfège, acoustique | Analyse, pédagogie, recherche |
| 1 | Musiques d’influences afro-américaines | Blues, gospel, jazz, r’n’b, rap, hip-hop, reggae | Musiques populaires, scène live, industrie du disque |
| 2 | Rock et variétés internationales apparentées | Rock, pop, folk, metal, punk, new wave | Radio, concerts, grandes tournées |
| 3 | Musique classique (musique savante occidentale) | Baroque, classique, romantique, contemporain | Concerts, opéras, conservatoires |
| 4 | Musiques électroniques | House, techno, trance, drum’n’bass | Clubs, festivals, production assistée par ordinateur |
| 5 | Musiques fonctionnelles et diverses | Comédies musicales, TV, publicité, jeux vidéo | Illustration sonore, synchronisation à l’image |
| 6 | Musique et cinéma | Bandes originales, scores, soundtracks | Cinéma, séries, documentaires |
| 7 | Classe de décantation, inclassables | Expérimental, croisement atypique, hybrides rares | Laboratoire artistique, niches |
| 8 | Classe d’usage national ou local | Chanson francophone, variétés locales | Médias nationaux, identité linguistique |
| 9 | Musiques du monde | Traditions régionales, musiques ethniques | Patrimoine, transmission orale, scènes spécialisées |
Chaque classe abrite plusieurs dizaines de genres, parfois davantage quand on inclut les sous-genres. Les musiques d’influences afro-américaines, les musiques électroniques ou les musiques du monde, par exemple, englobent une mosaïque de styles très différenciés.
Cette grille permet de répondre à une partie de la question : elle structure le paysage sonore mondial en plusieurs familles repérables. Mais elle ne donne pas encore le décompte précis de chaque style.
Styles musicaux et genres : de quoi parle-t-on exactement ?
Avant de compter les styles, il faut clarifier le vocabulaire. Dans le langage courant, on mélange souvent genre, style, courant, scène, sous-genre. Pourtant, ces notions ne recouvrent pas toujours la même réalité.
Genre, style, sous-genre : une hiérarchie utile
Dans de nombreux travaux, on trouve la structure suivante :
- Genre : grande catégorie reconnaissable (par exemple : jazz, rock, rap, musique classique, reggae).
- Sous-genre : déclinaison interne au genre (par exemple : hard rock, jazz manouche, trap, baroque).
- Style : manière de jouer ou de composer, parfois propre à un artiste, une région ou un courant précis (par exemple : style Django Reinhardt, style new wave britannique des années 80).
Dans la pratique, beaucoup de catalogues utilisent « style » au sens large, pour englober genres et sous-genres. Quand une base annonce 700 « styles », elle additionne :
- des macro-genres (rock, jazz, hip-hop, musique classique) ;
- des sous-genres détaillés (punk hardcore, free jazz, ambient techno) ;
- des catégories locales (makossa, maloya, benga, etc.).
Pourquoi le nombre de styles musicaux varie selon les sources
Le chiffre global dépend directement du « zoom » adopté. En zoom large, on obtient une vingtaine de genres majeurs. En zoom fin, on arrive rapidement à plusieurs centaines de catégories.
Par exemple :
- une approche très globale regroupera tout le hip-hop dans un seul genre ;
- une approche détaillée distinguera old school, boom bap, trap, drill, cloud rap, rap conscient, etc. ;
- une approche encore plus fine s’intéressera à des scènes locales : rap marseillais, drill de Chicago, grime londonien.
Combien de styles musicaux sont réellement cartographiés ?
Les travaux de cartographie musicale recensent environ 280 styles musicaux de façon structurée, avec une description, une origine et un corpus d’œuvres associées. Cette cartographie ne couvre pas tout le spectre, mais elle donne une idée de l’ampleur du paysage sonore déjà étudié.
En parallèle, l’estimation globale à environ 700 styles tient compte :
- des micro-scènes régionales ;
- des genres émergents ou récents ;
- des styles historiques parfois peu documentés ;
- des hybridations (rock électronique, electro-trad, world electro, etc.).
Autre donnée utile : la France occupe le 2e rang européen pour la place de styles musicaux nés sur son territoire, avec environ 4 % des styles mondiaux reconnus comme d’origine française.
| Indicateur | Valeur | Commentaire |
|---|---|---|
| Styles mondiaux estimés | ≈ 700 | Estimation issue de plusieurs bases et encyclopédies |
| Styles cartographiés | 280 | Styles décrits précisément et géolocalisés |
| Part de styles nés en France | 4 % | 2e place en Europe |
Parmi les styles apparus en France, on trouve par exemple :
- House française ;
- Jazz manouche ;
- Coupé-décalé (né dans la diaspora ivoirienne à Paris avant de se diffuser massivement en Côte d’Ivoire) ;
- Polka (qui a largement circulé en Europe) ;
- certaines formes d’a cappella mises en avant par des groupes français.
Panorama des grandes familles de musiques actuelles
Pour évaluer le nombre de styles, on peut aussi regarder ce qui domine dans les usages réels : radios, plateformes de streaming, concerts, festivals. Les données françaises donnent une image représentative des tendances européennes.
Les genres dominants sur les radios et plateformes en France
En France, les genres les plus présents en termes de nouveautés, de titres disponibles et de diffusions se répartissent ainsi :
| Genre / famille | Part des nouveautés | Nombre de titres référencés | Part des diffusions radio | Part des « contacts » (auditeurs touchés) |
|---|---|---|---|---|
| Variété / Pop | 34 % | 27 462 | 52 % | 47 % |
| Dance / Electro | 15 % | 12 016 | 12 % | 15 % |
| Rock / Metal | 14 % | 11 744 | n.d. | n.d. |
| Rap | 13 % | 10 213 | n.d. | n.d. |
| Musique classique | 9 % | 6 964 | n.d. | n.d. |
Ces chiffres montrent que variété et pop rassemblent une grande diversité de styles : chanson française, pop internationale, ballades, soft rock, etc. Sous une étiquette globale, on trouve déjà plusieurs dizaines de sous-genres différents.
Les catégories officielles agrègent souvent des réalités très diverses. « Dance / Electro » inclut par exemple house, techno, trance, electro-pop, EDM, french touch, tandis que « Rock / Metal » rassemble rock alternatif, hard rock, metal symphonique, punk rock, etc.
Préférences des auditeurs : quels ensembles dominent ?
Les études de goûts musicaux en France indiquent les répartitions suivantes parmi les auditeurs :
- Pop / rock / folk : 36 % ;
- Metal / punk / alternatives : 22 % ;
- Jazz / blues / soul / funk : 12 % ;
- Rap / RnB : 11 %.
Ces ensembles recouvrent déjà plusieurs dizaines de styles internes. Le seul groupe « metal / punk / alternatives » contient, selon les sources, entre 30 et 50 sous-genres distincts (heavy metal, thrash, black metal, post-hardcore, grunge, etc.).
Les catégories alternatives utilisées par les plateformes
Les services de streaming et de téléchargement utilisent aussi leurs propres catégories, parfois plus marketing que musicologiques. On retrouve par exemple :
- Folk contemporain ;
- Hip hop et Rap ;
- Instrumental ;
- Musique globale ;
- Pop rock.
Ces regroupements visent à simplifier la découverte par le public. « Musique globale » réunit par exemple des musiques du monde modernisées, des fusions, des crossovers entre traditions locales et sons actuels.
Selon la finesse de ces catégories, une même plateforme peut déclarer 50, 200 ou 500 genres différents. Le nombre de styles dépend alors en grande partie de choix éditoriaux.
Les variations régionales : une source majeure de nouveaux styles
Une part importante des 700 styles estimés vient de variations régionales. Chaque continent, chaque pays, parfois chaque région, porte des musiques spécifiques, liées à l’histoire, aux langues et aux instruments locaux.
Amérique du Nord : berceau de nombreux genres modernes
L’Amérique du Nord a vu naître plusieurs genres qui ont ensuite engendré une multitude de sous-styles partout dans le monde :
- Jazz (Nouvelle-Orléans, début XXe siècle, fusion d’éléments africains et européens) ;
- Blues (Sud des États-Unis, fin XIXe siècle, issu des chants des esclaves afro-américains) ;
- Gospel ;
- Country ;
- Musique cajun.
Chaque genre principal s’est ensuite fragmenté en dizaines de styles : jazz manouche, bebop, free jazz, country rock, bluegrass, etc. Sans ce mouvement de diversification, le nombre global de styles mondiaux serait beaucoup plus réduit.
Amérique latine : diversité rythmique et dansante
L’Amérique latine abrite un répertoire très riche, où coexistent traditions afro-latines, apports européens et innovations urbaines. Parmi les styles les plus connus :
- Salsa ;
- Tango ;
- Cumbia ;
- Bachata ;
- Merengue.
Chaque pays développe ensuite ses variantes : cumbia colombienne, cumbia mexicaine, tango traditionnel vs tango nuevo, bachata romantica, etc. Chacune de ces variantes enrichit le catalogue mondial de styles.
Afrique : une mosaïque de traditions et de styles urbains
Le continent africain concentre une grande diversité de musiques, à la fois traditionnelles et contemporaines. Quelques exemples :
- Cameroun : Makossa, Bikutsi, Assiko, Gandjal, Bend skin, Mangambeu ;
- Côte d’Ivoire : Coupé-décalé, Mapouka, Zouglou, Ziglibithy ;
- Sénégal : Mbalax ;
- Mali : Musique mandingue, Wassoulou ;
- Angola : Semba, Kizomba, Kuduro ;
- Kenya : Benga, Ohangla ;
- Cap-Vert : Batuque, Cabo love, Funaná, Coladeira, Morna ;
- Île Maurice : Séga mauricien, Seggae ;
- La Réunion : Maloya, Séga réunionnais ;
- Ghana : Hiplife.
Ces styles sont à la fois des expressions culturelles locales et, pour certains, des courants internationaux (kizomba, coupé-décalé, hiplife). Leur reconnaissance dans les catalogues mondiaux augmente mécaniquement le nombre de styles recensés.
Caraïbes : carrefour entre Afrique, Europe et Amériques
Les îles des Caraïbes ont produit plusieurs genres devenus emblématiques :
- Reggae ;
- Dancehall ;
- Calypso.
Ces genres se sont à leur tour déclinés en nombreux styles : roots reggae, dub, ragga, reggaeton (croisement avec les sons latino), soca, etc. Chaque déclinaison compte dans le décompte global.
Europe : traditions régionales et musiques urbaines
Le continent européen combine un fort héritage de musique savante, des musiques traditionnelles régionales et toute une galaxie de genres populaires modernes. Quelques exemples :
- Roumanie : Manele ;
- Moldavie : musique traditionnelle avec accordéon, influences slaves ;
- Bretagne : Bagadoù, chants accompagnés de guitare ;
- Corse : Polyphonie corse ;
- Allemagne : Trance, Dance, Glitch pop ;
- France : House française, Jazz manouche, chanson francophone.
Les instruments traditionnels (cornemuses, vielles à roue, accordéons, violons) se mêlent aux outils modernes. Certaines scènes associent par exemple instruments folkloriques et rythmes électroniques, ce qui génère de nouveaux sous-styles (electro-trad, néo-folk électronique, etc.).
Asie du Sud-Est : systèmes musicaux spécifiques
Dans plusieurs pays d’Asie du Sud-Est, les ensembles traditionnels constituent eux-mêmes des styles clairement identifiés :
- Birmanie : Hsaing waing, Kyì waìng ;
- Cambodge : Pinpeat, Mohorî, Phleng khmer.
Ces musiques reposent sur des systèmes de gammes, des orchestrations et des fonctions sociales très spécifiques. Elles figurent désormais dans de nombreuses bases de données de musiques du monde.
Influences culturelles : comment naissent de nouveaux styles ?
Le chiffre global des styles musicaux ne dépend pas seulement de la géographie. Il résulte aussi de dynamiques culturelles profondes : origines communautaires, métissages, revendications identitaires, migrations.
Racines communautaires et identités collectives
De nombreux styles trouvent leur source dans des communautés précises. Par exemple :
- Jazz et blues : issus principalement des communautés afro-américaines, dans un contexte de ségrégation et de lutte pour la dignité ;
- Makossa et Bikutsi : liés aux traditions camerounaises, à des rythmes et danses ancrés dans la vie quotidienne et les cérémonies.
Chaque fois qu’une communauté s’approprie la musique pour exprimer son histoire, sa langue ou sa spiritualité, elle donne naissance à des codes sonores propres. Ces codes structurent ensuite un style à part entière.
Métissage, fusion et styles hybrides
De nombreux genres contemporains émergent du mélange de traditions. Quelques exemples parlants :
- Salsa : fusion de rythmes cubains, de sonorités afro-latines et d’influences jazz ;
- Musique moldave moderne : intégration d’influences slaves à un fonds traditionnel local ;
- Maloya : incarnation de la créolisation insulaire à La Réunion, avec des racines africaines, malgaches, indiennes et européennes.
À chaque croisement durable entre deux univers musicaux, il se forme un nouveau territoire stylistique. Les publics et les artistes lui donnent un nom, puis la catégorie entre dans les catalogues, augmentant à nouveau le nombre total de styles.
Instruments régionaux et symbolique du territoire
Certains styles sont intimement liés à des instruments emblématiques :
- cornemuses et bombardes en Bretagne ;
- vielles à roue dans plusieurs régions d’Europe ;
- accordéon dans la musique traditionnelle d’Europe centrale ou de Moldavie ;
- instruments de percussions spécifiques en Afrique de l’Ouest ou en Asie.
Ces instruments symbolisent souvent une forte appartenance culturelle à un territoire, notamment en milieu rural. La musique devient alors un marqueur identitaire, ce qui renforce la reconnaissance du style associé.
« Un style musical naît souvent au moment où une communauté se reconnaît dans un son commun et le revendique comme partie de son histoire collective. »
Influence des technologies : un moteur de multiplication des styles
Les technologies ont joué un rôle décisif dans l’explosion du nombre de styles musicaux au XXe et au XXIe siècle. Chaque innovation (enregistrement, synthétiseurs, logiciels, internet) a ouvert de nouveaux territoires sonores.
Électronique, MAO et nouvelles textures sonores
L’arrivée des musiques électroniques a transformé la façon de créer. Les ordinateurs, les boîtes à rythmes et les séquenceurs ont permis de structurer des styles basés sur le design sonore autant que sur la mélodie.
Des styles comme la house, la techno, la trance ou la drum’n’bass ont à leur tour généré des sous-genres par centaines : tech house, deep house, minimal techno, psytrance, liquid drum’n’bass, etc. À chaque fois, une combinaison particulière de tempo, de timbres et d’esthétique définit un style spécifique.
Hybridations entre électronique et traditions locales
Dans de nombreuses régions, des artistes associent des instruments folkloriques (cornemuses, vielles, percussions traditionnelles) à des rythmes électroniques. Cette démarche a donné naissance à des scènes entières, où la musique traditionnelle se réinvente au contact de la MAO.
Ces hybridations se retrouvent en Europe (electro-trad, néo-folk), en Afrique (électrification de styles comme le zouglou, le hiplife, le coupé-décalé) ou en Amérique latine (cumbia digitale, electro-tango). Chacune de ces scènes enrichit encore la liste globale des styles.
Styles occidentaux réappropriés ailleurs
Certains genres occidentaux ont été transformés dans d’autres contextes culturels, au point de devenir des styles à part entière. Par exemple :
- Hiplife au Ghana : rencontre entre hip-hop, highlife et langues locales ;
- Zouglou en Côte d’Ivoire : musique urbaine associée à une danse et à une forme de satire sociale ;
- formes locales de rock, de métal ou d’électro avec des textes dans les langues régionales.
On assiste alors à un double mouvement : un style global s’implante localement, puis se transforme en un nouveau style, comptabilisé séparément.
Pourquoi il n’existe pas de nombre « officiel » de styles musicaux
Face à tous ces éléments, la question « Combien de styles musicaux y a-t-il ? » appelle une réponse nuancée. On peut donner une fourchette raisonnable, mais pas un chiffre figé.
Un paysage en évolution permanente
La musique évolue en continu. De nouveaux courants émergent chaque année, d’autres s’éteignent ou se fondent dans des catégories plus larges. Certaines scènes restent locales pendant des décennies avant d’accéder à une reconnaissance internationale.
La diffusion numérique accélère ce processus : un style né dans un quartier d’Accra, de São Paulo ou de Londres se trouve en quelques mois dans les playlists mondiales, ce qui pousse les plateformes à créer une nouvelle étiquette pour l’identifier.
Un enjeu de classement… et de pouvoir symbolique
Le fait qu’un style apparaisse ou non dans une grille officielle n’est pas neutre. Cela influe sur :
- la visibilité dans les catalogues ;
- l’accès aux aides ou aux résidences artistiques ;
- la perception critique (musique « légitime » ou non) ;
- la mémoire : ce qui est classé se transmet plus facilement.
Des styles entiers restent parfois invisibles dans les chiffres globaux parce qu’ils ne correspondent pas aux critères dominants. Leur nombre réel dépasse largement les estimations disponibles.
Comment se repérer comme auditeur ou comme musicien
Plutôt que de chercher un chiffre figé, l’enjeu consiste à se forger une carte mentale du paysage musical :
- identifier les grandes familles (afro-américaines, rock/pop, classique, électroniques, musiques du monde, musiques de films, etc.) ;
- repérer quelques styles-clés dans chaque famille ;
- garder en tête qu’autour de chaque étiquette gravite une multitude de sous-genres et de scènes locales.
Les catégories alternatives comme « Pop rock », « Hip hop et Rap », « Musique globale », « Instrumental » ou « Folk contemporain » servent de portes d’entrée. Une fois à l’intérieur, tu peux explorer en détail, style par style.
« Les chiffres donnent un ordre de grandeur. L’expérience d’écoute, elle, révèle à quel point la carte des styles musicaux reste ouverte, mouvante et créative. »






