DE L’ESTAQUE AUX GOUDES
15 €|ref : VE 1401-09
Ajouter au panier
x

DE L’ESTAQUE AUX GOUDES

Erdmann, Le Bras, Tchamitchian

Vents d'Est
2014

Francis Le Bras (piano), Daniel Erdmann (saxophone), Claude Tchamitchian (contrebasse)

Dans ce parcours hors des sentiers battus, il est difficile de faire la part entre musique écrite et musique improvisées tant l’alchimie entre les protagonistes évolue sans cesse entre liberté totale et rigueur du « jouer ensemble ».

 

Daniel Erdmann & Francis Le Bras ont débuté ce duo fin 2006, pour publier en avril 2008 leur premier album chez Vents d'Est, unanimement salué par la critique. Depuis ils ont donné de nombreux concerts en France, mais aussi en Allemagne, au Royaume-Uni et en Finlande.

Le duo est la formule idéale pour mettre en avant la rencontre et la complicité de deux instrumentistes-improvisateurs. Mais c’est aussi une formule sans filet, qui ne peut fonctionner sans la confiance mutuelle que se portent les deux partenaires.

L’association du saxophoniste Daniel Erdmann et du pianiste Francis Le Bras est le croisement et l'addition de deux univers, l’harmonie et la mélodie, de deux conceptions de la musique et de l’improvisation.

La liberté artistique, posée comme principe de cette rencontre, permet aux deux histoires contées ici de se dérouler en parallèle, pour se rejoindre au moment opportun.

 

Citizen jazz en parle :
A l’origine, une série de sons enregistrés à Marseille constitue la matière première de compositions hétérogènes, à l’image des différents visages de la cité phocéenne. En ouverture, « Sunday Night At The Panier » que Francis Le Bras débute en égrenant quelques arpèges minimalistes, la sonorité mate du saxophone dépoli se mêlant à la contrebasse frottée. Puis vient la puissance lancinante de deux accords répétés et soutenus par un ostinato de la basse, désormais pincée. Un fragile équilibre se crée entre le son à la fois feutré et déchiré d’Erdmann, la force tranquille de Tchamitchian et le piano de Le Bras.

Ces trois-là connaissent Marseille, voire y vivent, chacun en a sa vision propre, et la frontière entre écriture et improvisation est diffuse, difficile à appréhender. La musique qui en résulte, parfois tonale, parfois plutôt modale, couvre une large palette d’émotions, en laissant se développer une tension autour d’une harmonie épurée. L’auditeur peut laisser son esprit flâner au gré des titres : Le Panier, la « Corniche JFK » pour une émouvante ballade, le « Vallon des Auffes », la « Bonne-Mère » à travers un gospel... Paradoxalement, si les titres désignent des lieux emblématiques de Marseille, la musique reste en marge de tout cliché, et toujours exigeante, les dissonances, ruptures harmoniques et mélodiques dissimulées au détour d’une mesure sollicitant constamment l’oreille.

La connivence qui existait déjà au sein du duo Erdmann/Le Bras, fonctionne encore ici. Le pianiste et le saxophoniste se questionnent, s’interpellent, s’échangent tension et notes « qui frottent », mais Claude Tchamitchian, aux doigts comme à l’archet, s’immisce et trouve naturellement sa place dans le dialogue. Une curieuse et fascinante alchimie opère ce soir : la complicité est telle entre les trois musiciens qu’ils peuvent se permettre de digresser, de raconter leur propre perception de la ville, avant de se rejoindre dans des parties plus structurées, comme si l’on retombait sur un ami au hasard d’errances dans les rues.

• • • l'album a été ajouté
• • • l'album a été ajouté