CUERDAS 535
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CUERDAS 535

Agnel/Wodrascka

Émouvance
2004

Sophie Agnel (piano), Christine Wodrascka (piano)

 

Soigneusement préparé, abordé avec intelligence, humilité et respect réciproque, l’exercice difficile du duo de piano offre à Sophie Agnel et Christine Wodrascka l’occasion d’une exploration libertaire de haute volée qui vient s’ajouter aux rares réussites d’un genre inauguré au siècle dernier par deux toniques aventuriers, Albert Ammons et Pete Johnson. (J.-P. Ricard)

 

Sophie Agnel et Christine Wodrascka jouent du piano. Mais en déjouant constamment la mécanique de l'instrument, en tirant tous les sons possibles du bois, des cordes, des volumes... Il n'y a qu'à décliner les titres du disque d'ailleurs pour se convaincre que cette musique est profondément ancrée dans la matière (Noix, Plomb, Résine, Bois) et dans la forme qu'elle prend (Machines, Spires). On entend donc des pianos beaucoup plus que du piano... Pianos qui souffrent et qui soupirent, qui sonnent et qui résonnent, qui crient et qui murmurent. Mais à travers ce rapport très matériel à la musique se reconstruisent toutes les strates d'un vrai dialogue musical : proposition d'une musicienne à laquelle l'autre répond, au-dessus de laquelle elle se positionne, écoute mutuelle, taquinerie, provocation ... Et l'on retrouve également, au fil des pièces, tout ce qui fait passer du dialogue au duo: des basses répétées parfois, qui servent de leitmotiv rythmique, un bourdon qui leste la musique, une phrase en spirale qui l'orne, reste en suspens, se transforme, une mélodie de timbres qu'on finit par mémoriser, comme si c'était une rengaine populaire...
Yvan Amar, Jazzman n° 108, déc. 2004, p. 36

Sophie Agnel et Christine Wodrascka explorent d’une manière singulière le champ des possibles offert par le piano et le piano préparé. Elles se livrent ici à la belle expérience du duo, difficile puisque l’on doit se tenir très haut sur le fil de l’exigence.
Ces deux improvisatrices sont manifestement à la hauteur, et expriment avec authenticité et humilité ce qui les habite. Leur disque peut nous paraître opaque par tant d’intimité mise à jour, et de profondeur : deux solitudes se nouent et se dénouent. La première écoute nous place face à une certaine dureté, qui finit par nous ébranler fortement. Des sensations, des émotions assez puissantes surgissent, ou des images : lignes acidulées, bruissements, flots, danses, martèlements, ruptures, émerveillements.
Ces neuf pièces résonnent un peu à la manière des toiles de Pierre Soulages : surfaces sombres où la vie s’intensifie, où la lumière vient à nous comme une source.
"Cuerdas 535" est un enregistrement fascinant, sans aucun doute l’un des plus beaux de cet automne.
Géraldine Martin - http://www.citizenjazz.com/article3456853.html

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